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QUEENWORLD.FR

QUEEN -- THE SHOW MUST GO ON - L'HISTOIRE D'UN MORCEAU

30 Décembre 2010, 08:10am

Publié par ANTHEVA

www.rock-my-world.fr

 

Enregistré en Suisse dans leurs studios de Montreux, lors que Freddie MERCURY était déjà diminué par le SIDA, Innuendo, est le dernier album de Queen publié de son vivant. Il sort le 4 février 1991

Il est marqué par une forte charge émotionnelle.

Sans doute cet ultime album est-il donc celui qui dit le plus combien Freddie MERCURY s’est offert à la musique et au spectacle – peut-être pour y noyer ses angoisses, qui percent çà et là dans sa musique et ses paroles.

L’album démarre, d’ailleurs, avec un roulement de tambour, comme annonçant le début du spectacle. Tel ce maharadjah qui, apprenant sa ruine imminente, donna une fête fastueuse, QUEEN au seuil de la mort veut allumer ses dernières fusées. Et c’est un fantastique morceau épique de près de 6mn30 qui ouvre l’album : « Innuendo ».

La section rythmique – et parfois la guitare – rappellent un peu « Kashmir » de Led ZEPPELIN, le morceau s’inscrit surtout dans la droite lignée de « Bohemian Rhapsody ». C’est très justement qu’« Innuendo » donne son titre à l’album, car il le contient tout entier en germe. Surprenant et jubilatoire, ce morceau d’ouverture oscille entre froideur dramatique et fièvre délirante, entre superbes parties de guitare de Brian MAY, des chœurs, un chant et une ambiance solennels… le tout ponctué par un splendide passage de guitare flamenca (joué par Steve HOWE, de Yes)

C’est enfin l’immense «The Show Must Go On » qui conclut Innuendo dans une effusion lyrique et dramatique. Brisé par la maladie, Freddie MERCURY y chante d’une voix poignante : « Inside my heart is breaking / My make-up may be flaking / But my smile still stays on ». Toujours la métaphore du clown, de l’homme qui a voué son destin au spectacle – et désire ardemment que le spectacle lui survive. Alors qu’il savait sa fin proche, Freddie MERCURY n’a aucunement cherché à délivrer un quelconque message ni crié sa détresse ou sa peur de la mort. Avec une dignité bouleversante, avec la force de rire encore et de prolonger le spectacle – qui était sa raison de vivre – jusqu’à ses dernières limites, il a offert à Queen l’un de ses albums les plus émouvants, sinon l’un des plus réussis.

Innuendo est enfin et surtout la célébration absolue du « showman » et de l’« entertainer », voué tout entier au public, comme par un sacerdoce, jusqu’à la mort. « Ma vie a été un spectacle, dont je vous offre les ultimes fusées avant l’adieu. Puisse-t-il se prolonger » : voilà la signification d’Innuendo.

 

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