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QUEENWORLD.FR

A NIGHT AT THE OPERA (1975)

, 18:37pm

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Une Nuit à l’Opéra, quatrième tête couronnée de la lignée queenienne, née le 21 novembre 1975 par une soirée d’orage dont le monde se souvient. Les astres étaient parfaitement alignés au dessus du berceau et la petite Nuit à l’Opéra hurlait ses premiers accords que déjà les pâtres du rock accouraient des quatre coins de l’horizon pour célébrer l’arrivée de la divine enfant. Et dans toutes les chaumières, on se le murmurait : une grande Reine était née et son règne ressusciterait le grain de folie qui a depuis longtemps quitté cette p..... de  terre.

Mais poursuivons avec hate notre chronique royale, tel un Stéphane Bern des bacs à sable (bien que dépourvu de la chevelure en choucroute et du sourire niais adéquat) : A Night at the Opera est un coup de maître qui confirme, à bien des égards, les promesses qu’esquissaient les albums précédents. Aussi, l’album mérite éloges et louanges (ou vice versa). Le groupe y propose une sorte de synthèse flamboyante de ses précédents opus, mélange d’extravagance, de variété des genres et d’un sens de la mélodie imparable, portés par un usage judicieux des différents instruments, piano, guitare électrique ou acoustique, chant et chœur, ou basse et batterie sans faiblesse, en y ajoutant le poids d’une expérience grandissante et d’une inspiration débordante : le résultat donne donc un sacré feu d’artifice.
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Queen montre que son talent dépasse largement les contrées du hard rock qu’il survole depuis ses débuts, puisque les parties véritablement hard sont assez peu nombreuses, en définitive : on notera malgré tout le morceau d’ouverture, le jubilatoirement incisif "Death on Two Legs", règlement de compte en forme de brûlot à l’adresse du manager de leur précédente maison de disque. Où l’on appréciera le ton impitoyable de Freddie Mercury, qui continue de progresser (« now you can kiss my ass, goodbye ! »). On peut évoquer aussi "I’m In Love With My Car", qui est sans doute l’une des meilleures chansons interprétées par Roger Taylor, bien que celui-ci ait une approche très premier degré dans sa manière de chanter, pour un morceau qui est doucement ironique. Ensuite, on trouve également "Sweet Lady", affublé de riffs puissants, mais plus anecdotique comparé au reste des titres (même si les paroles restent tout à fait dans le ton délicieusement décadent de l’album), et c’est tout. Enfin non : il y aussi le léviathanesque "Prophet’s Song" (8 minutes 20 !), qui parvient à entremêler sens de l’épique, dans son versant hard rock, et sens du déjanté avec son inénarrable passage d’échos de voix reprises en canon, qui occupe toute la seconde partie du morceau (« listen to the mad Mad mad Mad maAaan… »)une pure boucherie!.


Mais A night at the opera, c’est aussi une ambiance de cabaret d’une Belle Epoque fantasmée, glamour à souhait, faîte de strass, de sexe et de paillettes comme nous le prouve l’exquis interlude "Lazing On a Sunday Afternoon" ou le fantasque et fantastique "Seaside Rendezvous", charmante promenade le long de la côte huppée de la Méditerranée. A côté de ça, Brian May réussit également son tour de chant avec un excellent ’39, tendre acoustique au rythme country, ainsi qu’un Bad "Company", moins éclatant mais sympathique avant le final. D’ailleurs, j’avoue ma préférence au guitariste, entre le chant de May et de Taylor, mais ce n’est qu’une affaire de goût.
Au rayon des ballades, on trouve le pop "You’re My Best Friend", de sieur Deacon, mais aussi le pure bijou acoustique "Love of My Life", chanté avec brio par Freddie et soutenu à la harpe par Brian May. En live, ce morceau est toujours l’un des temps forts du concert, car repris en chœur unanimement par le public.
Par contre, l’album se termine sur un morceau unique en son genre,l'inégalé"Bohemian Rhapsody" pur produit du génie de Mercury. Enfin, A Night at the Opera se conclue sur l’hymne britannique interprété à la guitare. Un peu moins insolent que le "Star Spangled Banner" de Jimmy Hendrix certes, mais ô combien pertinent pour un groupe qui mérite bien une  bénédiction divine.

Alors voilà, on peut affubler cet album d’un nombre incroyable de noms d’oiseaux tous plus exotiques les uns que les autres : baroque’n’roll, rétro, hard rococo, kitsch (mais dépourvu du sens péjoratif afférent au terme !), inventif, décalé, glamour, théâtral,magistral,copulatoire, tout ce que vous voulez, mais une chose est sûre : c’est que, plus de  trente ans après sa parution, ce choix de l’extravagance l’a plutôt bien conservé et A Night At The Opera demeure l’une des pierres angulaires de la discographie du groupe et du rock en général. Le grand règne Queenien commençait alors et allait s’étendre sur plus d’une décennie .
God save the Queen comme on dit !
 

     
1. Death On Two Legs (Dedicated To...)    
2. Lazing On A Sunday Afternoon    
3. I'M In Love With My Car    
4. You'Re My Best Friend    
5. '39    
6. Sweet Lady    
7. Seaside Rendezvous    
8. The Prophet'S Song    
9. Love Of My Life    
10. Good Company    
11. Bohemian Rhapsody    
12. God Save The Queen