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QUEENWORLD.FR

LE MOUNTAIN STUDIO

, 06:42am

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Le 4 décembre 1971, le casino de Montreux partait en fumée lors d’un concert de Frank Zappa, événement à la notoriété devenue planétaire grâce au trés célébrissime "Smoke on the Water" du groupe Deep Purple.
Le contexte, vous le connaissez grosso modo mais on vous la refait en mode détaillé... Quatre décembre 1971, Deep Purple est à Montreux pour enregistrer ce qui va être son splendide Machine Head... Un exil forcé, comme celui des Stones ou, plus tard, Led Zep, courtesy of les taxes anglaises qui font fuir les grands noms du rock et, dommage pour les caisses de la Reine, leurs capitaux non négligeables... A son arrivée, la bande à Blackmore est chaleureusement accueillie et reçoit, entre autres cadeaux de courtoisie, des invitations pour le concert de Frank Zappa et de ses Mothers Of Invention, au Casino de Montreux... C'est d'ailleurs le dernier concert prévu dans cet imposant lieu puisqu'à la suite du Maître, c'est justement Deep Purple qui doit investir la place et la transformer en studio perso pour l'enregistrement de leur album...
Le concert, curieusement, débute à 15h, et bascule dans le fait divers quand un gars du public lance une fusée éclairante dans le plafond.... Zappa lâche une blague « Arthur Brown in person !" qui fait croire, un temps, à un sketch... Un peu de fumée, quelques flammes et on décide d'arrêter le concert en plein milieu d'un solo de synthétiseur de Don Preston car l'ensemble commence à ressembler furieusement à un incendie... Le bâtiment, d'une dizaine d'étages en gros avec pistes de danses, bars, restaurants et salles de séminaire, s'embrase progressivement, laissant le temps au public, un brin affolé quand même, de sortir à pas précipités... Bilan : aucun mort sur les 2000 spectateurs.


Quatre ans plus tard, un jeune ingénieur du son britannique, David Richards, s’installe à Montreux et prend les manettes du studio d’enregistrement flambant neuf qu’on installe dans le nouveau casino.
Ses premiers clients ne sont autres que les Rolling Stones, venus travailler à leur nouvel album, «Black and Blue». Ils seront les premiers d’une longue liste: David Bowie, Yes, Duran Duran, Chris Rea, Sting, Phil Collins, AC/DC, Brian Ferry, Status Quo, Led Zeppelin, Michael Jackson, Miles Davis, Ella Fitzgerald, B.B.King, Marvin Gaye, pour ne citer qu’eux, leur succéderont.
Et Queen, bien sûr. Queen qui, en 1978, vient y enregistrer l’album "Jazz", un titre en forme de clin d’œil à Montreux. Queen qui s’enthousiasme pour le lieu au point d’acheter le studio deux ans plus tard. Freddie Mercury, réticent au début, s’attachera à Montreux, dont il apprécie latranquillité.

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De son côté, David Richards deviendra l’ingénieur du son et le producteur attitré de Queen. Et c’est à Montreux qu’ils enregistreront notamment «The Miracle», «Innuendo» et le posthume «Made in Heaven». Lors de l’enregistrement des pistes vocales de «Made in Heaven», au cours de l’année 1991, Freddy Mercury est déjà profondément atteint par la maladie : «Nous avons mis plus de temps que d’habitude à enregistrer les parties vocales, car Freddie avait besoin de faire des pauses. Mais il voulait être aussi plus précis, plus exact, car il savait qu’il n’y aurait pas d’autres occasions pour lui. Ses derniers enregistrements devaient être parfaits», commente David Richards, dans une interview publiée par Rolling Stone (Allemagne) en 1995.
Freddie Mercury veut travailler jusqu’au bout, jusqu’à son dernier souffle, même s’il sait que les chansons qu’il enregistre seront publiées après sa mort. On imagine alors, pour lui, le poids des mots.
Si l’ultime chanson qu’il enregistrera est «Mother Love», dont les paroles sont signées par le guitariste Brian
May, la dernière chanson que Freddie Mercury écrira, est "A Winter’s Tale", une contemplation à la fois nostalgique et apaisée de Montreux.
Le ciel, l’eau, les montagnes, les mouettes, des cris d’enfants… Un moment suspendu dans le temps qui se conclut ainsi: «Am I dreaming? Am I dreaming? Oooh - it's bliss» (Est-ce que je rêve? Est-ce que je rêve? C’est le bonheur).
Il faudra plusieurs années aux autres membres du groupe pour oser s’atteler à la finition des chansons, qui aboutiront à la publication de «Made in Heaven» en 1995. Sur la pochette: Le «Lake House», une petite propriété au bord du lac où le chanteur venait chercher le calme et l’inspiration.
Aujourd’hui, le Mountain Studios s’est éteint, transformé dicothèque privée,inspirée de la musique des années 1970/80"Le Mountain Club". David Richards a quitté Montreux pour s’installer ailleurs mais y revient souvent pour y retrouver ses amis.